La hiérarchie des castes du Mandé

Dans le système de pensée du Mandé, la prise de parole est réglementée. Les éléments des sous-catégories supérieures ne parlent qu’en l’absence des sous-catégories inférieures. Ainsi, en présence du fina, le jeli ne prend pas la parole.

Les donations suivent également des règles. Ainsi, entre un jeli et un fina, pour donner des cadeaux, on commencera toujours par le fina car ses bénédictions valent mieux que celles du jeli.

Si un paysan malinké veut offrir le jaka (une partie des produits vivriers réservée à la distribution immédiatement après les récoltes), il le donne au numun (forgeron) ou, à défaut, au fina. Le jeli n’y a pas droit.

Le noble, le horon n’offre pas de mil à un jeli car cela pourrait porter préjudice à l’agriculture. Les récoltes ne donneraient pas, dit-on en milieu malinké. Si un animal est abattu, sa tête est réservée au forgeron alors que la part réservée au fina est le tanbakala (une partie des côtelettes). Rien de particulier n’est prévu pour le jeli, qui se contentera de tout ce qu’on lui donnera.

Img: Un Jeli

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1 Commentaires

  1. 19 La demarche peut se reveler enrichissante. Ainsi, une troupe qui reunit par exemple des Mossi, des Peul, des Bobo et des Marka, permet a ses differents membres d’enrichir leur repertoire personnel tout en prenant conscience de leurs propres specificites : elle encourage les echanges interculturels. Pourtant, le risque demeure de trop privilegier la synthese aux depens des differences : c’est d’ailleurs le grand defaut de la politique socio-culturelle de la plupart des gouvernements ouest-africains, soucieux avant tout de donner de leurs pays respectifs l’image de nations unifiees, image qu’ils considerent incompatible avec celle, pourtant realiste et evidente, de mosaiques ethniques et culturelles. Le souci formel de l’ensemble « de synthese » tend des lors a favoriser l’assimilation d’elements differents au profit d’un tout aussi bien organise que peu representatif des realites culturelles. Le griot y occupe, la encore, une place d’instrumentiste, mais il est serre de pres par tous les nouveaux musiciens non castes, qui lui font une concurrence de plus en plus importante. Il ne dispose plus de ce monopole musical et oratoire qui faisait de lui le heraut de la societe ouest-africaine. Et s’il conserve ses privileges et son role social dans des regions ou la vie traditionnelle garde ses droits, l’Afrique urbaine tend en revanche a n’accorder au griot qu’un role bien modeste en rapport avec l’importance qu’il revetait au temps, encore tout proche, du grand Manding.